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Notre démarche s’oriente vers un retour à des intentions et pratiques écologiques dans notre visée artistique.
L’étymologie du terme “écologie”  provient du grec oîkos (maison, habitat) et logos (parole, discours). Il peut donc se traduire par "discours sur l'habitat" ou encore "science de l'habitat". Et dans ce sens nous souhaitons questionner notre rapport à l’habitat et construire un réel discours sur le développement de celui-ci en lien avec la danse; notre corps. Nous nous sommes rendu compte que ce questionnement était si essentiel qu’il devenait racine à une écologie contenant plusieurs branches. 



L’écologie de l’intérieur est, pour nous, la quête vers l’être essentiel. Apprendre à se connaître et se comprendre de l’intérieur pour se situer à l’extérieur; dans son environnement. L’être humain a pour vocation de cultiver son être intérieur; sa conscience, ses pensées et sensations. Le fait de cultiver lui permet se s’affermir et de croître de ce qu’il est. Entretenir au quotidien cet exercice de se cultiver lui permet de se transcender vers un parachèvement. L’un des points d’orgue de l’écologie de l’intérieur est, pour nous, de rendre notre environnement intérieur visible et pragmatique dans notre environnement extérieure. En effet, nos actions quotidiennes sont le fruit de notre être intérieur, mais celles-ci peuvent être influencées par un environnement n’étant pas en adéquation avec celui-ci. Dans ce sens, nous souhaitons concorder notre écologie intérieure à notre habitat/environnement extérieur en allant toujours vers l’intention la plus essentielle.

À force de cultiver et d’entretenir notre écologie de l’intérieur, elle vient se transporter  dans nos actions quotidiennes ainsi que nos pratiques artistiques. Ceci nous emmena naturellement à développer l’écologie du geste dans notre pratique de la danse. Danser, issu d’une racine romane qui signifie « tirer en longueur » apparenté au latin tendere « tendre », tensus « tendu » ; danse désigne une chaîne, un fil, un assemblage d'action du corps. L’étymologie nous a affirmé notre vision d’une danse essentielle, une vision qui prend son sens dans le tirer, le fait d'étendre en longueur, en largeur, en hauteur, en profondeur, en volume, en petitesse. La vigueur de l’être humain le fait s'éclore jusqu'à ne faire qu'un avec l'environnement par son interaction, telle est la vision dont nous voulons témoigner pour la danse. S'implanter dans la terre par nos pieds, allonger les bras jusqu'au bout des doigts vers le ciel, se déplacer en saisissant  et se laissant saisir par le volume de l'espace. L’écologie du geste. C'est la manière pour l'homme de se développer, de s'étirer de se façonner dans toutes les dimensions, d'accompagner les ressources de l'environnement pour les civilisations et une fois de plus, la danse est une activité biologique en total interaction avec l'écosystème. La danse, interaction de l'homme avec son environnement, est une alternative inéluctable à notre mode de développement écologique actuel, ainsi qu'une alternative du mouvement qui stimule les ressources organiques, corporelles naturelles alors que se creusent les écarts de richesse et que l'on ampute l'avenir des générations actuelles et futures avec une surconsommation.

Nous abordons des méthodes de recherches vers une écologie du geste se basant sur l’ouverture des consciences et des sensations. L’écologie des recherches c’est, avant tout, révéler nos connaissances et ouvrir notre conscience de l’environnement impactant ainsi notre rapport au corps. Pour ce faire, nous provoquons nos sensations au contact d’objets et des éléments. Dans ces recherches, nous avons une vision commune : amener une pratique à être analysée selon différents points de vue allant d’une discipline au contact d’une autre. En faisant coexister et interagir le travail de plusieurs disciplines, nous démarchons ensemble un même sujet : le geste essentiel.

À l’intérieur de nos recherches nous préconisons l’écologie des moyens utilisés. Notre but est que chaque moyen entrant au contact de nos pratiques soit essentiel et conscient, ainsi que dans sa forme la plus brute (afin d’éviter un maximum les objets industrialisés). « Posséder moins, être plus » est la vision que nous portons dans notre consommation personnelle et artistique.

L’interaction est le socle de notre démarche. Sa présence nous emmène à vouloir interagir avec différents profils générationnels et sociaux à plusieurs niveaux. L’écologie des profils est pour nous une ouverture maximale des interactions avec l’humain dans sa plus grande diversité.

Nous avons à coeur de mettre ceci en pratique dans tous nos formats diffusés en portant une attention particulière à notre manière de les diffuser au plus grand nombre. Nous avons une volonté de penser des formats variés qui sont visés tant bien pour des espaces publics que pour des théâtres, tant bien des performances que des ateliers ouverts, tant bien des expositions que des conférences. L’écologie des formats.

Pour conclure ce cycle écologique, il nous est important de valoriser notre rapport à la consommation. L’écologie de la consommation est pour nous une façon de lier consommation à conservation. Les formats diffusés remettent en question la notion de public où, pour nous, le public est un acteur à part entière de nos oeuvres. Sa présence est l’une des racines de nos expérimentations. Nous voulons stimuler un public acteur, impliqué et concerné, en pleine conscience de ce qu’il observe et ressent. Dans cette intention, notre consommation (à nous et au public) s’affine et nous avons pour souhait de faire remaner à l’intérieur de nous ces événements vécus de manière pérenne.


Inès Mauricio et Mackenzy Bergile

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